Elodie Perreau, cérébrale de nature et anthropologue par passion

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Elodie Perreau, cérébrale de nature et anthropologue par passion

Après vous avoir présenté Thomas et Idrissa, il fallait que l’on vous parle d’Elodie. Menant une épanouissante carrière d’anthropologue, Elodie travaille de temps à autre chez les clients de You Don’t Need Us pour les accompagner dans leur transition culturelle et organisationnelle. À travers l’analyse de son métier, Elodie vous dévoile sa douce personnalité et ses rêves. Vous ne pourrez que l’apprécier…

Si tu veux bien, j’aimerais que tu commences par parler un peu de ton métier. Quel est ton rôle, chez You Don’t Need Us ?

Je suis anthropologue et mon rôle est d’explorer le contexte humain dans lequel va s’implanter un projet d’entreprise et d’établir le profil et la culture d’une entreprise. Chaque entreprise à sa singularité et celle-ci doit être prise en compte.

Je n’opère pas sur toutes les missions contractées par YDNU mais suis plutôt comme un élément additionnel au « package » vendu par YDNU. Si les clients souhaitent aller plus loin dans leur transformation, mener une réflexion plus poussée sur qui ils sont et où ils vont, alors j’interviens.

J’imagine que t’intégrer dans une organisation et faire comprendre à ses individus que ta présence est bénéfique doit relever du challenge…

Le vrai challenge est de restituer le diagnostic au comité exécutif de l’entreprise. Cela ouvre tout de même des espaces de dialogues et permet vraiment de faire de l’artisanat, du sur-mesure. Lors d’une de mes missions, mon travail a notamment permis de lancer une grande discussion et de recueillir les peurs, les craintes et les réactions vis-à-vis du projet et a mené à un travail avec l’équipe YDNU pour prendre en compte et apporter des réponses à ces objections. Pour ce faire, il faut que l’on adresse absolument toutes les questions du client. On se pose alors avec le comité de direction pour établir un véritable suivi et un accompagnement complet dans les réflexions et c’est ce que j’aime : construire avec eux. Il y a également tout une part d’analyse. Quand on travaille sur la culture d’une entreprise, on observe comment les gens racontent et structurent l’histoire de leur organisation. Cela nous permet de voir comment on peut travailler avec eux et sur quels éléments de la culture on peut se réunir. C’est en partie grâce à cette phase d’analyse que l’on peut mettre en place de nouvelles pratiques autour d’éléments concrets, sur quelque chose d’aussi immatériel que la culture… On regarde notamment les signes d’appartenance matériels de l’entreprise. Par exemple, dans une entreprise qui a subi une fusion, on peut toujours voir les signes d’appartenance à l’entreprise précédente et à sa culture. Cela se voit matériellement mais se voit aussi à travers la manière dont les gens parlent.

Merci pour cette belle analyse. Avant de revenir à ton métier, pourrais-tu résumer ta personnalité en 3 mots, histoire d’en savoir un peu plus sur toi ?

Ecouter, comprendre et plaisir.

Tout d’abord, j’aime écouter ce que les gens ont à dire et leur laisser cet espace d’expression : je le laisse de plus en plus. Pour ce qui est de ‘comprendre’, je dirais que c’est mon côté cérébral. J’ai besoin de comprendre pourquoi les choses se font, de comprendre le sens d’un projet, de comprendre comment j’y contribue… sinon, j’ai beaucoup de mal à démarrer. Tant que je ne pige pas, je tourne et je creuse. Mon besoin de sens est primordial. Enfin, j’ai plaisir à comprendre ce qui se joue entre différents acteurs. Je ne peux pas m’en empêcher. Mon conjoint me presse d’ailleurs souvent d’arrêter de vouloir tout comprendre, mais c’est plus fort que moi, j’aime vraiment ça.

Et si tu étais une super-héroïne, quel pouvoir aimerais-tu posséder ?

Alors, j’ai piqué ça à Nietzsche, mais j’aime bien. Comme super pouvoir, j’aimerais avoir à la fois la tête dans les étoiles et les pieds sur terre. C’est-à-dire que je souhaiterais être capable d’avoir des aspirations et des rêves tout en étant suffisamment bien ancrée sur terre pour pouvoir les réaliser. Ça n’en a peut-être pas l’air mais je trouve vraiment que c’est un super pouvoir. Je le développe petit à petit mais je pense que c’est une chose jamais acquise. Je ne suis pas padawan mais je continue de le développer.

Chez YDNU, nous avons imaginés plusieurs personnages représentant l’esprit décalé de notre philosophie tout comme de nos méthodes de travail. Duquel te sens-tu le plus proche ?

La femme. Déjà parce que c’est une femme, puis parce que son air un peu flegmatique, qui contraste avec son arme, crée la surprise. J’aime son côté calme ainsi que son côté très déterminé.

Revenons à ton expérience professionnelle. Qu’est-ce qui te plaît le plus chez YDNU ?

Le côté sur-mesure de mon travail. J’aime d’ailleurs beaucoup le mot ‘artisan’, car il porte cet aspect de ‘travail bien fait’ et dédié au client. C’est cette attention au client qui me plaît bien, avec également cette flexibilité pour répondre au plus près de ces besoins. J’ai aussi adoré travailler avec des profils complètement différents, qui permettent d’adapter l’offre en fonction des besoins de chaque mission.

Et qu’est-ce que tu y changerais ?

J’accentuerais encore davantage le développement sur l’intelligence collective et le partage. Il faudrait le ritualiser, le structurer, car il y a un vrai potentiel. J’entends par là qu’il faudrait faire un partage régulier des missions et des retours d’expérience, organiser des réunions plus fréquemment pour rassembler la communauté. Une fois par mois ou même une fois par trimestre, il faudrait consacrer une demi-journée pour parler des projets et mettre en place un lieu de partage. Cette ritualisation est très importante pour une communauté. Elle permet de se connaître, de partager des infos et c’est tout simplement une pratique cohérente avec les valeurs de YDNU. La ritualisation crée notamment un sentiment d’appartenance et c’est ce qui fait que les gens restent. C’est aussi important pour les clients de voir que la communauté met du cœur à rassembler ses membres.

Enfin, que dirais-tu à quelqu’un qui souhaite rejoindre la communauté ?

Bienvenue !

Comme tu le sais, notre partenariat avec le projet COMMEUNSEULHOMME, fondé par Eric Bellion est une de nos plus grandes fiertés. Que représente-t-il pour toi ?

Pour moi, c‘est une belle initiative très inspirante. J’ai d’ailleurs testé la décélération (principe mis en avant par Eric Bellion lors de la Route du rhum, ndlr) et cela produit plein de belles surprises qui laissent émerger beaucoup de choses.

Je me pose tout de même une vraie question sur la façon dont les entreprises peuvent faire vivre les principes portés par COMMEUNSEULHOMME. Comment faire vivre ce projet en interne ? Comment le traduire chez You Don’t Need Us et chez les autres mécènes, notamment ? Il pourrait peut-être y avoir une tendance à ne rester que sur les mots, que ces principes ne soient pas véritablement intériorisés. Par exemple, il y a telle force d’inertie dans les grosses boîtes que je me dis qu’elles ont tendance à continuer avec ce qu’elles connaissent déjà… alors comment véritablement expérimenter ces cinq principes ?

C’est une question à laquelle nous réfléchissons beaucoup. Nous espérons très bientôt mettre en place de nouvelles initiatives pour promouvoir et faire valoir les cinq principes d’actions portés par Eric et son équipe (oser la différence, faire confiance, innover sous la contrainte, favoriser la performance durable, exulter en groupe). D’ailleurs, lequel de ces principes t’inspires le plus ?

Le principe qui me parle le plus, c’est OSER LA DIFFERENCE. En tant qu’anthropologue, je sais combien la culture et la norme de groupe sont puissantes et peuvent guider les actions des individus. Pour moi, ‘oser’ signifie ‘transgresser’ les pratiques habituelles. C’est un équilibre qui n’est pas évident à trouver en entreprise, notamment lorsqu’on monte dans la hiérarchie. Souvent, si tu t’écartes de la norme, tu risques d’être exclu du groupe.

Qu’est-ce que signifie la ‘différence’, pour toi ?

Selon moi, la différence est intrinsèque, nous sommes tous différents, nous avons tous notre singularité. Mais oser la différence, cela se détermine par rapport à la norme du groupe. C’est oser faire autrement de ce qui a toujours été fait et oser être autrement tout en restant connecté avec le reste du groupe, de l’organisation. En effet, être différent – je parle aussi bien d’une personne que d’une équipe – ne se fait pas contre le groupe mais bien à l’intérieur de celui-ci.

Comment appliquerais-tu ce principe ? Comment oser la différence en entreprise ?

Et bien c’est un peu toute la complexité de mon métier. Je dirais qu’il faut travailler sur trois niveaux : l’organisation, l’équipe, l’individu. Au niveau de l’organisation, il faut réfléchir à ce qui fait la singularité de l’organisation dans son environnement. L’anthropologie aide alors à accompagner les dirigeants dans cette démarche avec un suivi régulier.

Ensuite, il est également nécessaire de permettre aux différentes équipes d’oser la différence, de  mettre en œuvre et de tester de certaines propositions nouvelles. À l’échelle de l’équipe, le cadre doit être suffisamment clair et protecteur pour que les individus osent exprimer ce qu’ils souhaitent et arrivent à clarifier leurs besoins devant les autres. Il faut que le cadre permette d’accueillir de nouvelles idées et qu’il favorise la communication humaine. J’espère vraiment que l’anthropologie contribue à améliorer cette communication et permet qu’une équipe, collectivement, puisse proposer un projet en veillant à maintenir les conditions pour être entendus par les autres équipes. Il y a également tout un travail de réflexion en amont. ‘Comment, dans son écosystème et avec les autres équipes, le projet d’une équipe peut-il s’insérer ?

L’idée est aussi d’offrir aux individus, qui ont incorporé la culture de l’entreprise, une marge d’autonomie et un espace nécessaire pour ‘faire autrement’. Ici encore, le cadre doit permettre à chacun de clarifier ce qu’il souhaite apporter pour l’exprimer à d’autres. On touche ici d’ailleurs à l’intelligence collective et à l’inclusion.

Lecteurs, prenez-en de la graine ! Elodie, merci pour cette belle réflexion autour de la différence, de ton métier et de ta personnalité. Avant que l’on se quitte, j’ai une toute dernière question pour toi… Si tu pouvais changer le monde à la manière de COMMEUNSEULHOMME, comment t’y prendrais-tu ?

Je prendrais le vélo, c’est écologique. J’aime bien aussi employer les transports en commun pour cette raison mais, avec le vélo, tu peux partir en famille et il te procure la liberté d’être à ton propre rythme. Ma sœur a parcouru 7000 kilomètres à vélo, en Asie du Sud-Est. Cela lui a permis d’accéder à des endroits insolites et de faire des rencontres improbables. Quand tu empruntes les transports en commun, tu te cales sur le rythme du pays dans lequel tu te trouves. L’avantage est que tu rentres dans la temporalité des gens qui t’entourent. Du coup, j’hésite entre rentrer dans ce rythme et entre la liberté de naviguer sur mon propre tempo. Quelque soit le moyen de locomotion que je choisirais, je porterais deux valeurs : le respect et le plaisir. ‘Peace and love’. Ah, je pense que je promouvrais aussi l’éducation, car c’est elle qui te permet d’être autonome dans tes choix. C’est très important, à mes yeux.

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